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Désenchantements

En ces temps difficiles, Rome fait la une des journaux. L’Italie ne finit pas de s’enfoncer dans une profonde crise politique faisant vaciller les marchés et le Vatican innove en choisissant un successeur à un Pape encore vivant et saint d’esprit en pleine possession de ses moyens. Des situations aux signes avant-coureurs et déjà explorées par les cinéastes de la péninsule. Lire la suite

Décalages

crise

Fond noir. Musique opressante. Puis la lumière du jour au fond d’un couloir, le bruit d’une foule en liesse. Un stade dans l’attente de ses joueurs? Non, ça ne colle pas: de vieux papiers volent dans la lumière au gré du vent, signe que le lieu est à l’abandon. Ecran noir et musique oppressante de nouveau. Puis retour au couloir vide, plus près de la lumière. La voix d’un homme couvre les cris de la foule: “America…” A moins d’avoir passé les cinq dernières années dans un centre de réeducation idéologique nord-coréen, l’identité de l’homme qui a prononcé ce mot ne fait aucun doute. Lire la suite

Une certaine idée du progrès

A priori, le progrès, c’est un mot positif. Personne n’est contre l’idée de progresser. Le progrès, pour beaucoup, s’incarne dans la science. Une science au service de l’Homme, au service de la société. Une science qui rend les moyens de communications plus faciles, qui éradique les maladie, qui nous permet d’accroître la connaissance de notre milieu. Bref, quelque chose de positif, évidemment.

Mais cet avis n’est pas partagé par tout le monde. Outre les contre utopies post-apocalyptiques décrivant une planète toute entière réduite à la condition de bas-fond new-yorkais (avec cette éternelle fumée qui sort des bouches de métro et une image si sombre qui vous fait en vain tenter de régler la luminosité de votre écran), certains réalisateurs ont su remettre en question bien plus subtilement l’idée de progrès.

Mon Oncle (1958), de Jacques Tati

mon_oncle_230618452_north_545xC’est le cas tout d’abord de Jacques Tati, avec son film Mon Oncle. Tati place son action dans un futur que l’on peut imaginer proche, mais ou toutes les utopies progressistes de l’après-guerre ont triomphé. Le pays est propre, le pays est rationnel, guidé par la vision des experts et des ingénieurs. On y suit la vie d’une famille bourgeoise et heureuse de l’être, se conformant en tout point à l’idée d’un foyer parfait, satisfait de son état, de son statut social et de toutes les technologies qui rendent son quotidien si facile. Le père est cadre dans un grand groupe industriel. Sa femme, mère au foyer, a en charge la bonne tenue de la maison, et ne cesse de s’émerveiller devant chaque nouvelle acquisition domotique, surtout si elle peut s’en vanter devant ses amies. Seul  leur fils de 10 ans s’ennuie dans cet univers sans surprise. Il n’échappe à l’asphyxie que grâce à son oncle, qui le prend en charge au cours de longs après-midis pendant lesquels il retrouve enfin le sourire. Chaque moment passé en compagnie de son oncle devient alors un prétexte à l’émerveillement et à  l’amusement du jeune garçon. Lire la suite

Is This Real?

Comment représenter au mieux la réalité? C’est l’une des questions que se posent les réalisateurs quand leurs films ont pour sujet principal des évènements historiques ou d’actualité. Bien sûr, le genre documentaire paraît être le plus approprié pour relater des faits, mais pas seulement. C’est justement à cette frontière entre réalité et fiction que nous allons nous intéresser aujourd’hui.

Car le documentaire peut-être trompeur, et c’est parfois en introduisant une dose de fiction que les réalisateurs parviennent le mieux à raconter une histoire précise et à saisir une réalité parfois trop complexe pour n’être décrite que par des faits. Lire la suite